lundi 27 janvier 2020

Julie Caissie


Julie Caissie

Résidences INTER-CENTRES

[English Follows]


Julie Caissie est une artiste visuelle acadienne originaire de Moncton, au Nouveau-Brunswick.

Son travail met en scène la fragilité de la présence humaine et minérale. L’intensité des couleurs et la fluidité des coups de pinceau qu’elle utilise dérivent de son corps en mouvement et de sa vibration qui sont souvent provoqués par des actes performatifs. Cette confrontation du corps, du paysage, des couleurs, de l’espace, des frontières, et des disciplines qui composent sa démarche interrogent notre compréhension sensible de l'espace que nous habitons ou que nous fantasmons.

Julie explore les relations subtiles entre les points de rencontre et les croisements disciplinaires de la peinture, la photographie, la performance, et la sculpture. Cette intention générale, où les explorations n’ont pas de frontières, capte une compréhension sensorielle de l’espace que nous habitons.

L’artiste aménage son environnement dans des réseaux et crée des univers peu familiers ou contradictoires. L’observateur est invité à voyager dans une surface, une ligne, un espace, une zone, une vitesse ou dans les marges du sens. L’artiste propose une réévaluation de l’attachement que nous avons à la matérialité de l’objet pour remettre en question le rapport à notre culture contemporaine et à la représentation de celle-ci.

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Le projet Résidences INTER-CENTRES permet de faire rayonner, sur l’ensemble du territoire québécois, la recherche d’artistes ayant fait le choix de développer leur carrière en région en soutenant la mobilité, soutien technique et la diffusion de leur travail. Ce programme interrégional d’échanges entre le Centre SAGAMIE et six centres coproducteurs permettra le développement de partenariats structurants en favorisant la communication et le partage entre ces centres d’artistes qui ont en commun leur situation géographique en périphérie des grands centres urbains.


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Julie Caissie is an Acadian visual artist from Moncton, New Brunswick.

Her work depicts the fragility of the human and mineral presence in our world. Often the results of performative acts, the movement of her body and its vibration inform the intensity of the colours and the brush strokes she use. This clash between the body, landscape, colours, space, borders and the media that form her process questions our sensitive understanding of the space we inhabit or fantasize about.

Julie explores the subtle relationships where painting, photography, performance, and sculpture meet and intersect to become interdisciplinary. This overall intention, where nothing is out of exploratory bounds, captures a sensory understanding of the space we inhabit.

The artist arranges her environment in networks and creates unfamiliar or contradictory universes. The observer is invited to travel in a surface, a line, a space, an area, a speed or in the margins of sense. The artist proposes a reassessment of our attachment to the materiality of the object in order to question the relation to our contemporary culture and the representation of it.

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Through its transportation, technical assistance and work dissemination support, the project Résidences INTER-CENTRES Residencies will ensure a Quebec-wide visibility for artists who have chosen to pursue their careers in the regions. This interregional exchange program between the Centre Sagamie and six co-production centres will make it possible to develop structuring partnerships by fostering communication and exchange between these artist-run centres who share the situation of being located at the periphery of large urban centres.

lundi 20 janvier 2020

Morgane Clément-Gagnon


Morgane Clément-Gagnon

Artiste en résidence / Artist in residence 

[English Follows]

Le travail de Morgane Clément-Gagnon consiste en des études photographiques et des installations vidéos des territoires nordiques, incluant des images qui explorent la fonte de la neige, la formation de nuages et la fragilité du relief. Informées par son passé académique en philosophie, les images de Clément-Gagnon invite le.la spectateur.rice dans un espace d’ambiguïté et d’introspection. Sous une perspective phénoménologique et existentialiste, elle comprend le réel comme un collage subjectif de différentes perceptions, redonnant ainsi crédit à une foule d’expériences. Pour elle, les paysages nordiques habillent ses questionnements : changeant, imprévisible, fatal et fragile, le Nord est un miroir qui renvoie à notre inconscient et à nos paradoxes intérieurs. Enquêter dans un paysage hostile, c’est finalement chercher en soi.

Cet intérêt envers la nordicité l’a menée à se retirer dans des environnements isolés comme l’Islande (SIM residency), les fjords norvégiens (PRAKSIS) ainsi que l’île d’Anticosti (Résidence Nomade).

Voir le site de l'artiste


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Morgane Clément-Gagnon’s work consists of still and moving photographic installations of northern territories, including images that explore the melting of ice, cloud formations and the fragility of rock formations. Informed by her academic experience in philosophy, her images invite the viewer into a space of ambiguity and introspection. Through a phenomenological and existential perspective, she understands reality as a collage of subjective perceptions, thus giving credit to a myriad of experiences. For her, northern landscapes inhabit her questioning : changing, unpredictable, fatal and fragile, the North is a mirror reflecting our subconscious and our inner paradoxes. Inquiring within landscape is, in the end, looking within us.

This interest in the idea of the North pushed her to experience isolated environments such as Iceland (SIM residency), norwegians villages (PRAKSIS) and the Anticosti Island (Nomad Residency).

See the artist's website

jeudi 16 janvier 2020

Ed Pien


Ed Pien

Résidences en microédition / Micro-publishing residencies

[English Follows]

« Qu’est-ce donc que le temps ?
Si personne ne me le demande, je le sais ;
si je cherche à l’expliquer à celui qui m’interroge, je ne le sais plus.
Cependant j’affirme avec assurance qu’il n’y aurait point de temps passé,
si rien ne passait ; qu’il n’y aurait point de temps à venir,
si rien ne devait succéder à ce qui passe,
et qu’il n’y aurait point de temps présent si rien n’existait. »

Confessions, Livre XI, trad. Péronne et Ecalle remaniée par P. Pellerin, Nathan, 1998.

Le temps est plus qu’un concept philosophique et une construction quantifiable. Personne n’échappe au temps. Tout le monde est contraint et influencé par lui. Le temps nourrit, et il fait des ravages ; il peut nous aider à oublier ou consoler et guérir.

Est-ce que le fait de partager des durées de temps et de réfléchir sur son impact peut nous permettre de mieux le comprendre, d’avoir plus ou moins de maitrise sur lui ?

Depuis 2014, je travaille avec un petit groupe d’aînés à St. Augustine, Cuba. Nous discutons de la notion du temps dans un processus qui est documenté au fil du temps. Le projet est évolutif. Sa durée sera déterminée soit par leur mort, ou bien la mienne, ou lorsque les aînés ne seront plus intéressés à collaborer avec moi. 

J’ai rendu visite aux aînés deux fois par an en utilisant principalement la vidéo et la photographie pour documenter nos rencontres. Dans son ensemble, l’exercice est bien plus qu’une discussion sur le temps. Ce n’est que par l’expérience et le passage du temps que les œuvres d’art incarnées peuvent être continuellement réévaluées, façonnées et refaçonnées.

L’équipe du Centre SAGAMIE m’aidera à produire une archive visuelle à partir d’une sélection de photographies qui témoignent de certaines de nos interactions. La publication comportera également de courtes citations de chacun des 13 participants. 


Ed Pien détient un baccalauréat en arts visuels de l’Université Western et une maitrise en arts visuels de l’Université York.

Le travail de Pien a été exposé dans plusieurs institutions, dont le Drawing Centre à New York ; le Victoria & Albert Museum ; le Centre culturel canadien, Paris ; l’Institut Goethe, Berlin ; Langage Plus, Alma ; YYZ, Toronto ; le Musée des beaux-arts de l’Ontario ; le Musée des beaux-arts de Montréal ; le Musée d’art contemporain, Montréal ; Oboro, Montréal ; Axenéo7, Gatineau ; Art Gallery of Greater Victoria, Victoria; Mendel Art Gallery, Saskatoon ; Songzhuang Art Centre, Beijing ; Musée des beaux-arts du Canada ; et au MASS MoCA, Massachusetts. Il a participé à la Biennale de Montréal, à la Biennale de Sydney, à la Biennale de Moscou, à la Biennale internationale de Beijing, ainsi qu’à la Biennale de Curitiba, au Brésil. Au printemps 2020, Pien participera à la Bienal Internacional de Asunción, au Paraguay.


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" What then is time? Provided no one asks me, I know, If I want 
to explain it to an enquirer, I do not know. But I confidently affirm
myself to know that if nothing passes away there is no past time,
and if nothing arrives there is no future time, and if nothing 
existed there would be no present time. "

Augustine of Hippo, extract from the Confessions (397 - 98 CE); trans. Henry Chadwick (Oxford: Oxford University Press, 1992) 230 -32; 243

Time is more than a philosophical concept and quantifiable construct. No one escapes time. Every one is compelled and impacted by it. Time nurtures, takes it toll; time may help us to forget or console and heal. By sharing durations of time and being self-reflexive of time’s impact, can we make better sense of it, do we feel having more or less control over it?

Since 2014, I have been working with a small group of Elders in St Augustine, Cuba. Together, the Elders and I engage in discussions that explore the notion of time, documented over time. This project is ongoing. Its duration will be determined either by their or mine death, or when the Elders lose interest in continuing to work with me.

I have been visiting the Elders twice a year using predominantly video and photography to capture our encounters. The entire undertaking is more than a discussion of time. It is only through the experiencing and passing of time together that the embodied artworks could be continually negotiated, shaped and reshaped.

The team at Centre SAGAMIE’s Publication Residency will help me produce a visual archive from selected photographs showing some of our interactions and it will also include a short quote from each of the 13 participants.


Ed Pien received a BFA from Western University and a MFA from York University. 

Pien has shown in venues that include the Drawing Centre, NYC; the Victoria & Albert Museum; The Canadian Culture Centre, Paris; The Goethe Institute, Berlin; Langage Plus, Alma; YYZ, Toronto; The Art Gallery of Ontario; Musée des beaux arts; Musée d’art contemporain; Oboro, Montreal; Axenéo7, Gatineau; Art Gallery of Greater Victoria, Victoria; The Mendel Art Gallery, Saskatoon; Musée des beaux-arts, Montreal; Songzhuang Art Centre, Beijing; the National Art Gallery of Canada; and at MASS MoCA, Massachusetts. He has participated in the Montreal Biennale; the Sydney Biennale; the Moscow Biennale; the Beijing International Biennale, as well as the Curitiba Biennial, Brazil. In spring 2020, Pien will participate in the Bienal Internacional de Asunción, Paraguay.

lundi 6 janvier 2020

Anne-Marie Ouellet & Hermine Ortega



Anne-Marie Ouellet & Hermine Ortega

Résidences en microédition / Micro-publishing residencies

[English Follows]

Anne-Marie Ouellet réalise des interventions dans l’espace public accompagnées d’instructions et de documentation textuelles, graphiques, photographiques et vidéographiques. Elle met généralement de l’avant des comportements individuels et collectifs qui questionnent les normes sociales. Hermine Ortega réfléchit depuis de nombreuses années à la puissance de l’imprimé, à travers une pratique multidisciplinaire, ainsi qu'aux liens entre l'art et le politique. De 2017 à 2019, elles ont collaboré, au sein du collectif KABANE77 aux Cahiers des impossibles, un journal mensuel gratuit imprimé au risographe, pour lequel Anne-Marie a travaillé sur le graphisme (mise en page et visuels) et Hermine a effectué un travail de rédaction, d'édition et de correction. Au début de l’année, elles ont lancé Nullica, une nouvelle collection de la maison d’édition L’Oie de Cravan (images et poésie), où elles ont travaillé ensemble sur trois titres : Lune très belle, Petits morceaux de jeune homme et La fleuve.

La résidence à SAGAMIE leur donnera la possibilité de lier étroitement le texte, l’image et l’objet à travers la création de L’île, un livre reflétant une déambulation réelle ou rêvée dans la ville de Laval, à la croisée de la pièce de théâtre, du petit manuel du promoteur immobilier et du tract politique.

« Comme si Vincent Guzzo avait lu Bruce Bégout »
– S.


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Anne-Marie Ouellet creates interventions in public space and supplements them with instructions and textual, graphic, photographic and video documentation. She predominately foregrounds individual and collective behaviors that question social norms. For many years, Hermine Ortega has engaged in a multidisciplinary practice to reflect on the power of print, as well as the art and politics nexus. From 2017 to 2019, as part of the KABANE77 collective, they collaborated on the Cahiers des impossibles, a free monthly Risograph-printed journal for which Anne-Marie worked on the graphic design (layout and visuals) and Hermine ensured the writing, editing and revision. At the start of the year, they launched Nullica, a new collection of the L’Oie de Cravan (images and poetry) publishing house, where they worked together on three books: Lune très belle, Petits morceaux de jeune homme and La fleuve. 

Their residency at SAGAMIE will provide them with the opportunity to interweave text, image and objects through the creation of L’île, a book that relates a real or imaginary walk through the city of Laval and which combines elements of a theatrical play, the real estate developer's guidebook and a political pamphlet.

" As if Vincent Guzzo had studied Bruce Bégout "
– S.