lundi 26 août 2019

Audrée Demers-Roberge


Audrée Demers-Roberge

Artiste en résidence / Artist in residence

[English Follows]

Il m’arrive de parler à une montagne, un cercle, un lichen, à un vers ou une prêle. Partant d’une exploration de mon propre rapport au monde ou plus précisément à l’environnement naturel, je transforme celui-ci progressivement et propose une attitude holistique de plus en plus radicale : celle d’une tentative de rapprochement avec des organismes naturels. J’affirme et expose progressivement qu’à travers les rapports entre les choses et leurs possibles, en tant que connecteurs, se révèle l’importance de la relation de l’humain avec l’environnement. Ma démarche est un manifeste pour notre besoin de reconnecter avec celui-ci. Ce qui m’intéresse ici est moins la forme apparemment objective du paysage, mais ce qui la motive et la dynamise.

Audrée Demers-Roberge vit à Québec, elle a complété en 2019 une maîtrise en arts visuels et un baccalauréat en arts visuels et médiatiques de l’Université Laval avec une année d’étude en Finlande en 2011. Son déplacement continuel et instinctif entre les médiums crée une pratique fondamentalement diversifiée. Elle a lancé en 2019 avec Amélie Laurence Fortin le livre Roche, Plante, Mer, Bois édité par Vu Photo et réalisé en partie avec une bourse de Première Ovation. Elle a exposé en solo en 2018 dans l’Espace américain de Vu Photo (hors programmation) et fera un solo en 2020 à Espace )( Parenthèses (Québec). Ses œuvres ont été présentées en collectif entre autres en 2019 lors de Manif d’art 9 – La biennale de Québec, Si petit entre les étoiles, si grand contre le ciel, volet jeunes commissaires, au Magasin d’Arprim (Montréal), dans l’Espace européen de Vu Photo en 2017, à la Foire en art actuel (Québec) en 2014 et au Musée d'art contemporain de Baie-Saint-Paul (Charlevoix) en 2012. Elle a réalisé des résidences dont Est-Nord-Est (Saint-Jean-Port-Joli) en 2016 et sera en résidence à Le Château – Association Diagn’Art, à Saint-Louis au Sénégal en 2020.



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It sometimes happens that I speak to a mountain, a circle, a lichen, a worm or a horsetail. I proceed from an exploration of my own relationship to the world or more precisely to my natural environment, which I gradually transform while proposing an increasingly radical holistic attitude: consisting of an attempt to establish a closer contact with natural organisms. I am claiming and progressively exhibiting that the link between things and their inherent possibilities, viewed as connectors, can reveal the importance of humans' relationship to the environment. My approach is a manifesto for our need to reconnect with the environment. I am less interested here in the apparently objective form of the landscape than in what motivates and activates it.

Audrée Demers-Roberge lives in Quebec City, in 2019 she completed a MFA and a BFA (media arts) at Université Laval, which included one study year in Finland in 2011. Her ceaseless and instinctive movement back and forth between mediums results in a fundamentally diversified practice. In 2019, along with Amélie Laurence Fortin, she launched the book livre Roche, Plante, Mer, Bois published by Vu Photo, a publication that was in part made possible thanks to a Première Ovation grant. She had a solo exhibition in 2018 at Espace américain of Vu Photo (off programming) and has an upcoming solo exhibition in 2020 at Espace )( Parenthèses (Quebec City). Her works have been shown in group shows such as the 2019 Manif d’art 9 – La biennale de Québec, Si petit entre les étoiles, si grand contre le ciel, young curators section, at Magasin d’Arprim (Montréal), at Espace européen de Vu Photo in 2017, at Foire en art actuel (Quebec City) in 2014 and at Musée d'art contemporain de Baie-Saint-Paul (Charlevoix) in 2012. She has carried out residencies, among which Est-Nord-Est (Saint-Jean-Port-Joli) in 2016 and she will be the artist in residency at Le Château – Association Diagn’Art, in Saint-Louis, Senegal in 2020.

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mardi 20 août 2019

Clément de Gaulejac


Clément de Gaulejac

Artiste en résidence / Artist in residence

[English Follows]

Au Centre SAGAMIE, Clément de Gaulejac travaillera sur un nouveau corpus d'œuvres. Les maitres du monde sont des gens est un projet d'exposition (Galerie UQO, septembre 2019) traversé par une question qui revient comme un leitmotiv dans les discussions des groupes militants de gauche ou écologistes : pourquoi est-il plus facile d’imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme ? Question sur laquelle bute toute politique quand il s’agit d’envisager le monde de demain, mais dont ne s’embarrassent pas ceux que l’on appelle les « ultra-riches ». Les plus grandes fortunes du monde sont en effet persuadées que la catastrophe que tout le monde pressent est pour bientôt. Alors ils s’organisent, s'achètent des îles, se font creuser des abris tout en s’opposant à la réduction des inégalités sociales ou à la lutte aux changements climatiques. Le propos de ce nouvel ensemble de dessins est de saisir le caractère tragicomique de ce catastrophisme et de puiser aux sources de notre sidération collective devant le mythe de la fin du monde et tous les monstres qu’il active.

Clément de Gaulejac est artiste, auteur et illustrateur. Son travail d’artiste a été exposé à Vox, Centre de l’image contemporaine (Les Naufrageurs, 2015), à Axenéo7 (Monuments aux morts de la Liberté, 2015) ainsi qu’au Centre des arts actuels Skol (Motifs raisonnables, 2013). Aux éditions Le Quartanier, il a publié Les artistes (2017), Grande école (2012) ainsi que Le livre noir de l’art conceptuel (2011). Comme illustrateur, il collabore régulièrement avec des revues (Liberté, Vie des arts), des maisons d'édition (Lux, PUM, Écosociété, Nota Bene) et différents mouvements militants (Extinction Rebellion) ou politiques (Québec solidaire). En 2017, il a soutenu à l'UQAM une thèse de doctorat en Études et pratiques des arts intitulée Tu vois ce que je veux dire ? Illustrations, métaphores et autres images qui parlent. 


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At Centre SAGAMIE, Clément de Gaulejac will work on a new body of work: Les maitres du monde sont des gens, an exhibition project (Galerie UQO, September 2019) that addresses a question which reappears repeatedly in the discussions of left wing activists or ecologists: why is it easier to imagine the end of the world than the end of capitalism? Though this query is a stumbling block for any political action seeking a better future for the world, it apparently does not hinder those who are known as the "ultra rich." In fact, the world's wealthiest people are convinced that the catastrophe everyone is anticipating will happen soon. As a result, they are organizing, buying islands, have shelters dug, all the while resisting attempts to reduce social inequalities or the fight against climate change. The aim of this new set of drawings is to grasp the tragicomic character of this catastrophism and to explore the roots of our collective consternation before the end of the world myth and all the monsters that it summons.

Clément de Gaulejac is an artist, author and illustrator. His artistic work has been exhibited at Vox, Centre de l’image contemporaine (Les Naufrageurs, 2015), at Axenéo7 (Monuments aux morts de la Liberté, 2015) as well as at Centre des arts actuels Skol (Motifs raisonnables, 2013). He has written several books, among which Les artistes (2017), Grande école (2012) and Le livre noir de l’art conceptuel (2011), all published by Le Quartanier. As an illustrator, he regularly contributes to magazines (Liberté, Vie des arts), publishing houses (Lux, PUM, Écosociété, Nota Bene) and various activist movements (Extinction Rebellion) or political parties (Québec solidaire). In 2017, he defended a doctoral thesis in Art Practice and Research at UQAM titled Do You see What I Want to Say? Illustrations, Metaphors and Other Telling Images.


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mercredi 14 août 2019

Raphaëlle de Groot


Raphaëlle de Groot

Artiste en résidence / Artist in residence

[English Follows]


La recherche de Raphaëlle de Groot se fait au contact des réalités humaines. Elle porte son attention sur ce qui n’est pas visible de l’extérieur, mais participe de l’expérience du monde, le constituant de l’intérieur. Elle sonde l’envers des tissus sociaux — côtés cachés, oubliés, délaissés ou négligés —, se déplace et s’immerge dans des milieux de vie, de travail, dégageant des terrains de création à même ces expériences. Sa pratique artistique met l’accent sur le processus, la durée, la participation et la collaboration d’individus et de communautés dans la production de traces et de récits. En son cœur se trouve : la mobilité, la réciprocité, l’écoute, le geste et la collecte de données sous forme d’objets et de documents variés (dessins, photographies, vidéo, texte). La performance supporte ou accompagne en marge cette démarche lui permettant d’expérimenter des états d’attention et d’engagement.


Au Centre Sagamie, elle travaille sur un nouveau corpus d’oeuvres issu du projet Subsistances • Inniun pour lequel elle a séjourné en Minganie (Côte-Nord) de 2016 à 2017 ; ces oeuvres seront exposées prochainement à la Galerie Occurrence dans le cadre de MOMENTA Biennale de l’image à Montréal. Elle prépare également La grande marche des petites choses pour l’événement Nuit Blanche à Paris (octobre 2019). Raphaëlle de Groot vit et travaille entre Montréal et Orsigna, en Italie. Son travail est présenté sur la scène canadienne et internationale depuis une vingtaine d’années. Elle a reçu plusieurs distinctions dont le Prix Sobey pour les arts en 2012. 


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Raphaëlle de Groot's artistic research is guided by contact with human realities. She turns her attention to what is not visible from the outside, but which partakes in an experience of the world, which it shapes from the inside. She probes the reverse sides of the social fabric—the hidden, forgotten, abandoned or neglected ones—, she travels through and immerses herself in life and work environments in order to open creation spaces that are directly connected to these experiences. Her artistic practice highlights process, duration and the participation and collaboration of individuals from the community in the production of traces and narratives. Mobility, reciprocity, listening, gestures and data collection in the form of objects and various documents (drawings, photographs, video, text) are at the heart of her practice. On the side, performance supports or accompanies this approach and thus allows her to explore states of focused attention and commitment. 


At Centre Sagamie, she will focus on a new body of works that emerged from her project Subsistances • Inniun for which she stayed in Minganie (Côte-Nord) from 2016 to 2017; these works will soon be exhibited at Galerie Occurrence as part of MOMENTA Biennale de l’image in Montreal. She is also preparing La grande marche des petites choses for the Nuit Blanche event in Paris (October 2019). Raphaëlle de Groot lives and works between Montréal and Orsigna, in Italy. Her work has been present on the Canadian and international scene for over twenty years. She has received numerous distinctions, including the Sobey Art Award in 2012.


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