Exposition en cours


Dans l'ombre de l'artifice


Ianick Raymond × Laurent Lamarche


[ English Follows ]

Ouverture de l'exposition le mardi 13 octobre 2020 à 13 h
Exposition du 13 octobre au 18 décembre 2020

Si l’association du travail de Laurent Lamarche et Ianick Raymond peut d’abord surprendre – l’un étant davantage associé à la sculpture et l’installation et l’autre à la peinture – il suffit d’un regard attentif pour déceler la multitude des points de proximité de leur langage plastique. En basant leur collaboration sur un intérêt commun du travail de la matière, les artistes proposent un dialogue entre leur pratique qui joue avec nos perceptions de l’image. 

Ianick Raymond s’intéresse aux outils et méthodes qui permettent de reproduire des fragments de réel, tout en introduisant toujours un doute chez le spectateur quant à la nature de l’image. À travers une investigation des effets optiques et du trompe-l’œil, l’artiste convoque et met en scène les paramètres qui constituent à la fois la peinture et sa réception. Avec de subtils décalages, il juxtapose l’imprimé et la peinture pour créer des tableaux vibrants où les limites de chacun des médiums deviennent impossibles à cerner. 

De son côté, Laurent Lamarche cherche des manières de pénétrer l’image, pour en révéler sa profondeur. Ses œuvres rappellent des dispositifs de visualisation de nature scientifique, tels que la radiographie, qui permettent de représenter des couches invisibles, des structures, des squelettes. Ici, la technologie sert de révélateur d’une matière aux allures organiques, elle évoque le vivant et en permet une certaine représentation. Mais les spécimens ainsi catalogués présentent toujours suffisamment de familiarité pour faire douter de leur caractère réel ou fictif. 

En prolongement de cette esthétique proche de la science, la murale conçue par les deux artistes agit comme véritable liant entre leur pratique, autant dans la mise en espace que dans la combinaison de leurs préoccupations formelles et conceptuelles. En effet, les motifs d’abord créés à partir de traces de succion laissées sur deux plaques enduites d’acrylique ayant été séparées sont ensuite magnifiés, agrandis et recadrés par un traitement numérique. Dans cette rencontre entre la manipulation analogique et technologique de la matière émergent des formes fractales comme autant de points de contact entre mathématique et biologie. 

Bien que les autres pièces présentées dans l’exposition n’aient pas été créées en commun par les artistes, leur répartition dans l’espace, comme des éléments en dialogue, met en lumière une approche partagée qui a quelque chose de l’archéologie. C’est que les œuvres choisies fonctionnent un peu comme des vestiges et portent en elles-mêmes les empreintes du processus qui les a constituées. Dans ce parcours, elles deviennent des objets énigmatiques, comme des artefacts sortis de leur contexte, des traces laissées tantôt par l’intervention humaine, tantôt par des phénomènes naturels. C’est peut-être là la piste la plus porteuse dans ce duo, dans cet aller-retour entre l’art et le vivant que l’on effectue avec l’artefact.

Un texte d'Emmanuelle Choquette




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L'exposition Dans l'ombre de l'artifice est présentée dans le cadre des Journées de la culture Lac-Saint-Jean-Est.


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Opening of the exhibition on October 13, 2020 at 1 p.m.
Exhibition from October 13 to December 18, 2020


Though the association between Laurent Lamarche's and Ianick Raymond's work may come as a surprise—one being primarily associated with sculpture and installation, and the other with painting—one careful look is enough to spot the numerous connection points in their visual languages. In basing their collaboration on a shared interest in the way they work materials, the artists propose a dialogue between their practices that plays on our perception of the image.

Ianick Raymond is interested in the tools and methods that make it possible to reproduce fragments of the real, all the while instilling a doubt in the viewer regarding the nature of the image. Through an exploration of optical effects and trompe-l'oeil, the artist evokes and stages the parameters of what constitutes both painting and its reception. With subtle breaks and lags, he juxtaposes prints and painting to create vibrate pictures in which the limits of each medium can no longer be discerned.

For his part, Laurent Lamarche seeks ways of entering into the image, so as to reveal its depth. His works are reminiscent of scientific visualization instruments, such as X-ray photography, which makes it possible to represent invisible layers, structures and skeletons. Here, the technology serves to expose a material with an organic appearance, which evokes living things and lends itself to a certain representation. But the specimens that are thus catalogued are always sufficiently familiar for us to doubt in their real of fictional character.

In extending this science-influenced aesthetic, the mural conceived by the two artists creates a real bond between their practices, both in the spatial set up and in the combination of their formal and conceptual interests. In fact, the motifs—initially created from the suction traces left on two acrylic coated plates after their separation—were then magnified, enlarged and reframed by way of a digital process. In this encounter between an analog and a technological manipulation of materials, fractal forms emerge like numerous contact points between mathematics and biology.

Though the artists did not jointly create the other pieces presented in the exhibition, their spatial layout, like the elements in dialogue, highlights a shared approach that recalls archaeology. Indeed, the selected works function a bit like vestiges and bear the imprints of the process that led to their emergence. In this itinerary, they become enigmatic objects, like artefacts taken out their contexts, traces left at once by human intervention and by natural phenomena. This then is perhaps the most promising path in this duo, in this back-and-forth between art and living beings that one carries out with the artefact.

A text by Emmanuelle Choquette

The exhibition Dans l'ombre de l'artifice is presented as part of Les Journées de la culture Lac-Saint-Jean-Est.