La pratique de Sophie Jodoin explore le corps comme espace vécu, habité, éprouvé, entre l’intime et le collectif. Son œuvre, hybride et installative, mêle dessin, photographie, collage, écriture, archives et vidéo. Parmi ses expositions récentes figurent il faut qu’elle sache à la Fondation Jan Michalski (Suisse), d’un seul souffle à Artexte (Montréal), un portrait inachevé – partition à deux voix à VU (Québec) et Toi que jamais je ne termine au Musée d’art contemporain de Montréal. Elle est lauréate du prix Louis-Comtois et du prix Giverny Capital (2017), ainsi que du Prix La Caisse en art actuel (2025).

Le projet qu’elle propose pour sa résidence au Centre SAGAMIE s’inscrit dans la continuité de son travail, où textes, images et fragments choisis enregistrent les traces d’une vie, réelle ou fictive. La vie dont il s’agit ici est celle d’une mère : la sienne. Depuis 2020, l’artiste et sa mère entretiennent une collaboration faite de lettres, de carnets écrits à quatre mains et de photographies. La résidence repose sur ce dialogue textuel et visuel, où deux femmes complices se dévoilent l’une à l’autre. Dans une lettre datée du 28 septembre 2020, la mère de l’artiste décrit sa vie comme « … un livre qu’on ouvre et ferme et ouvre ». Ce projet fait écho à ce livre : ses rêves, ses désirs, ses manques, sa solitude. Il se veut aussi une réflexion sur la vieillesse, la mémoire, le deuil et l’absence.