| LES MOTS POUR LE DIRE : Le tout premier questionnement sur lequel se penchera le Colloque virtuel sur létat de linfographie dart est la question de sa propre dénomination en tant que champ de création artistique. Comme il sagit dun nouveau médium, il est important quun consensus émane du milieu des arts visuels afin dintroduire dans la langue française une dénomination qui décrira simplement, efficacement et, si possible, de belle façon la création artistique bidimensionnelle utilisant les outils numériques de création. Tout est donc sur la table de négociation, y compris le terme infographie dart qui titre ce colloque. INFOGRAPHIE DART : Le terme infographie dart a été proposé par Denis Langlois, artiste de Jonquière et président de lAtelier destampe Sagamie, en septembre 2000. Infographie, selon le Petit Robert, décrit le procédé de création dimages assistée par ordinateur. En ajoutant dart au terme infographie, lintention était de décrire plus spécifiquement le champ de la recherche bidimensionnelle en art contemporain utilisant les outils numériques de création. Promu ensuite par lAtelier destampe Sagamie, le terme a connu une expansion rapide dans le milieu des artistes au Québec en ce sens quil fut adopté aussitôt par les artistes. Nul besoin dexpliquer de long en large, le terme tombant sous le sens. Lavantage du terme infographie dart est quil identifie le type dutilisation que fait lartiste des outils numériques dans son processus de création. Ainsi, linfographie dart procède dune manipulation du pixel qui la distingue de la photographie numérique et de la reproduction. Lorsquune uvre dart existante est numérisée, que ses couleurs sont ajustées à laide dun logiciel de traitement des images et quelle est imprimée à laide dune imageuse numérique, nous sommes en présence dune REPRODUCTION. Le concept de reproduction dune uvre dart nest ni nouveau ni propre au domaine de limpression numérique. La reproduction en art a été largement utilisé à grand tirage en imprimerie par des artistes plus commerciaux , mais aussi en édition plus limitée avec les techniques traditionnelles de lestampe : reproduction à la main en sérigraphie, gravure ou lithographie, mais reproduction quand même. La PHOTOGRAPHIE NUMÉRIQUE pour sa part procède des mêmes outils de préhension, de modification et dimpression que linfographie dart mais les utilisent moins pour transformer limage que pour contrôler précisément le processus dimpression, comme une chambre noire ou un agrandisseur numérique. Dailleurs, le logiciel Photoshop, maintenant largement utilisé en infographie dart, nest il pas calqué à lorigine sur les outils traditionnels mis à la disposition du photographe dans une chambre noire : le contrôle des contrastes, de la balance des couleurs, de la saturation des couleurs... Nous proposons donc ici, au passage, une définition de la photographie numérique qui utilisera dans sa genèse, lun ou lautre de la caméra photo-numérique, du numériseur (scanner), de lordinateur, des logiciels de traitement des images et/ou de limpression numérique tout en demeurant dans le champ de la photographie. Lorsque lartiste utilise lordinateur comme outil de création, il entre alors dans le champ de linfographie dart. Linconvénient du terme infographie dart est quil fait un peu penser à métiers dart ce qui, de fil en aiguille, évoque un retour à la terre des années 70 qui ne sied guère à ce domaine à la fine pointe des technologies numériques. Le terme infographie est également très près d infographiste qui décrit le métier dune personne qui réalise une mise en page publicitaire ou commerciale à laide des mêmes outils numérique de travail, uvre louable mais de laquelle linfographie dart voudra se distinguer en tant que recherche en art contemporain. Donc, le terme infographie dart est donc simple et efficace mais ne récolte pas beaucoup de points pour du côté esthétique de la dénomination. ESTAMPE NUMÉRIQUE : Le terme estampe numérique est basé sur une double analogie : la première entre la matrice destampe traditionnelle (par exemple une plaque de cuivre en gravure) et la matrice numérique qui définit limage dans lordinateur; la seconde analogie se situe entre le transfert physique de lencre, de la matrice traditionnelle à la feuille de papier et le transfert numérique de linformation permettant à une imprimante de grand format de transférer lencre de la matrice numérique au papier. Quoiquil trace des analogies intéressantes et poétiques, le terme estampe numérique ne fait aucune distinction entre une création originale utilisant les outils numériques, une photographie numérique et une reproduction. À ce sujet Richard Ste-Marie, un artiste de Québec nous écrit : Curieux que vous nutilisiez pas le terme estampe numérique qui est pourtant accepté par la Bibliothèque nationale du Québec, la Bibliothèque nationale de France, le Conseil québécois de lestampe ainsi que de nombreux artistes et auteurs. . Nous attendons plus ample argumentation à la défense du terme estampe numérique de la part de M. Ste Marie dans le cadre de ce colloque. Par contre, il semble quau Conseil québécois de lestampe on soit en pleine réflexion au sujet de la dénomination de cette nouvelle forme dart et de la pertinence de linclure dans le champ de lestampe alors que Monique Auger, Présidente du Conseil québécois de lestampe nous écrit ceci : Bien quactuellement présidente du Conseil québécois de lestampe, je ne peux malheureusement prendre position au nom de nos membres, enfin pas encore mais nous y travaillons! Cependant à titre personnel, la question me préoccupe depuis un certain temps déjà. Jai donc proposé depuis ma nomination à ce poste, que notre association se questionne et se positionne sur la question. Notre mandat en tant quorganisme visant à promouvoir lestampe au Québec, nous incite à participer le plus activement possible aux discussions traitant de lestampe sous toutes ses formes. Jentends bien que vous ne décrivez pas lart numérique comme étant une forme destampe mais plutôt comme de : linfographie dart, de la photo numérique et de limpression numérique. Cette dernière distinction nous laisse croire que vous ne prétendez pas que limpression numérique soit considérée comme une forme destampe. Lévolution de cette pratique qui au départ fut encadrée par le code déthique de lestampe *, a eu une progression qui avait peut-être été sous évaluée à ses débuts. Maintenant, une discipline en pleine progression, linfographie dart me semble être, à juste titre, une oeuvre dart à part entière ainsi quune discipline distincte. Je souhaiterais également vous transmettre linformation suivante qui mapparaît pouvoir être dun certain intérêt en regard de votre thématique. Il sagit dun événement qui a eu lieu au Brooklyn Museum of Art du 22 juin au 2 septembre 2001, Digital : Printmaking Now. À cette occasion, une table ronde traitant du digital sest tenu et le texte se retrouve à ladresse suivante: http://www.artonpaper.com/roundtable/round_c.shtml * La deuxième édition du Code déthique de lestampe originale a été éditée par le Conseil québécois de lestampe en 2000. Le texte, co-écrit par Nicole Malenfant, artiste de Québec et Richard Ste-Marie, offre, à la suite des défénitions des différentes techniques destampe traditionnelles, une brève description de lestampe numérique (en page 73). De plus, Danielle Sabourin, Directrice générale du Conseil québécois de lestampe, ajoute ceci : Votre projet de colloque arrive au bon moment et je désire my inscrire. Au bon moment car le Conseil québécois de lestampe est en plein questionnement. En effet, depuis un peu plus de deux ans, étant donné le poste que joccupe en tant que directrice du CQE, jécoute les estampiers dici et dailleurs, jéchange avec eux, je partage certaines opinions et depuis quelques temps je suis grandement préoccupée par lestampe dite numérique. Aujourdhui, il mapparaît inconcevable que linfographie dart, limpression numérique ou la photo numérique se confondent et deviennent estampes bien que le Code déthique de lestampe originale intègre ces disciplines. Nul besoin de les nommer estampes, elles se distinguent et reflètent un domaine artistique qui se développe grandement. ESTAMPE INFOGRAPHIQUE (estampe infographique originale) : Carol Dallaire, artiste de Jonquière utilise depuis 1989, date à laquelle, en tant quartiste, il a commencé à user de linfographie comme moyen de création , le terme estampe infographique. Dans un texte intitulé DE BIEN NOMMER, DU MÉTISSAGE ET DU SAVOIR FAIRE quil a écrit pour le catalogue de la dernière Biennale du dessin, de lestampe et du papier-matière dAlma qui, soit dit en passant, intègre depuis ses deux dernières éditions, la recherche numérique aux trois disciplines qui composent son appellation; le texte de Carol Dallaire donc, passe en revue différentes dénominations pour décrire la recherche numérique bidimensionnelle. Il tire ces informations du Numéro spécial 1999-2000 du magazine Nouvelles de lestampe (numéro 167-8, De lestampe traditionnelle à lestampe numérique, Revue publiée sous les auspices du Comité national de la gravure française, Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale de France, Paris). Nous les soumettons ici à votre jugement et à vos commentaires qui seront les bienvenus dans le cadre de ce colloque : GRAVURE VIRTUELLE : Annie Luciani, ingénieur de recherche du Ministère de la Culture et des Communication. HYPER-ESTAMPE : Jean-Louis Boissier, professeur darts plastiques à lUniversité Paris VIII. ESTAMPE CRITIQUE : Dominique de Bardonèche, historienne, médiéviste et historienne de lart, artiste multimédia et enseignante au Centre Européen de Technoculture à lUniversité Paris-Dauphine. ESTAMPE VIRTUELLE : Richard Ste-Marie, professeur à lécole des arts visuels de lUniversité Laval. INFOGRAPHIE SUR PAPIER : Plus loin dans son texte, Carol Dallaire nous indique, sans les nommer quau Québec, certains aimeraient voir utiliser le terme infographie sur papier et même le techniquement impossible terme estampe numérique avant de nous confirmer sa préférence pour le terme estampe infographique originale qui lui semble être le seul terme respectant léthique de lestampe puisquon y retrace tout de suite, dans le domaine de lart, la descendance, le champ et le statut , cest à dire que ce terme rattache le champ de la création numérique bidimensionnelle à lestampe originale née de laventure créatrice tout en mettant en évidence le lieu contemporain de linnovation soit linfographie . ART ASSISTÉE PAR ORDINATEUR, CRÉATION ASSISTÉE PAR ORDINATEUR : Dans le vocabulaire associé au travail de manipulation artistique du pixel, on parle souvent de création assistée par ordinateur . Ce vocable laisse toujours planer un certain doute chez le profane, quant au contrôle effectif de lartiste sur la machine. Cette expression donne limpression que lartiste-utilisateur na qua appuyer sur un bouton et que le dessin se réalise tout seul, assisté par lordinateur . COMPUTER PRINT : du côté anglophone, Carol Dallaire, toujours dans le même texte, nous rapporte, sans en mentionner lorigine, que le terme computer print serait utilisé par le pratique-et-non-poétique Américain . CONTEMPORARY COMPUTER ART, DIGITAL ART, DIGITAL PRINT, nous semblent aussi pouvoir être utilisés par ce même Américain . Est ce quil y a un anglophone-artiste-du-pixel dans la salle qui pourrait nous éclairer sur le sujet ??? PROCÉDURALISME : Comme son nom lindique, le terme procéduralisme décrit une forme de recherche artistique utilisant lordinateur qui est fondé sur la procédure . Lartiste intervient sur limage, non pas à laide dune palette doutils numériques interactifs et prédéterminés, imitant les outils traditionnels comme un pinceau ou un crayon, mais à laide de formules mathématiques, dalgorithmes. Lintervention sur limage nest donc pas directe comme lorsque lartiste dessine, elle est indirecte par la création dune série de règles et de commandes qui détermineront le comportement dun modèle conceptuel. Donc, par sa définition même, le procéduralisme est une discipline tout à fait différente de linfographie dart qui pour sa part intervient directement sur le pixel de limage à laide doutils numériques prédéterminés dans un logiciel de traitement de limage. Cest Jean Cencig, artiste de Québec, qui a porté à notre attention le Manifeste du procéduralisme (traduction libre de : The Proceduralist Manifesto) en nous faisant parvenir un exemplaire et le courriel suivant : En 1989, jai eu le plaisir de trouver un point de vue proche du mien dans The Proceduralist Manifesto, de Judson Rosebush, publié dans Leonardo, Journal of the International Society for the Arts, Sciences and Technology, pages 55 et 56, Pergamon Press. Cette publication était associée aux Proceedings de SIGGRAPH 89, organisé par ACM. Ce manifeste, dont je suggère la lecture, puisque vous êtes ouvert aux suggestions, est aussi disponible dans le numéro 2, volume 1, 1993, pages 187 à 190, de Languages of Design (Formalisms for Word, Image and Sound), Elsevier Science Publisher. Le premier paragraphe de ce texte, que voici, est un questionnement de base pour votre colloque virtuel : The complexities of defining computer art have confused artists and institutions alike. Many art critics, galleries, museums and educators display attitudes similar to those or their peers 100 years ago who failed to understand photography is art. On the other hand, when computer art is in vogue, even the most prestigious and computer-illiterate artists are prepared to join the ever-swelling ranks of computer artists. Just what is computer art anyway? And is the computer a new medium or just another tool to aid the artist? . Essai de traduction libre : La complexité à définir lart utilisant lordinateur à semé la confusion autant chez les artistes quauprès des institutions. Plusieurs critiques et professeurs, plusieurs galeries et musées ont eu, face à lart numérique, une attitude similaire à celle de leurs pairs qui, 100 ans auparavant, ont pendant longtemps refusé de comprendre la photographie comme un art. Dautre part, au moment ou lart numérique est à la mode, de nombreux artistes, réputé ou débutant à lordinateur, sont prêt à venir gonfler les rang des artistes numériques . Après tout, quest ce que lart par ordinateur ? Est-ce réellement un nouveau médium artistique ou simplement un outil de plus dans la boîte à outil de lartiste? Cette dernière phrase mérite toute notre attention : est-ce véritablement un nouveau médium artistique ou est-ce quon fait beaucoup de bruit pour rien avec ce colloque virtuel ??? Heureusement, Monique Auger, Présidente du Conseil québécois de lestampe viens à notre secours à la fin de son intervention cité ci-haut : Maintenant, une discipline en pleine progression, linfographie dart me semble être, à juste titre, une oeuvre dart à part entière ainsi quune discipline distincte. Luc St-Jacques, artiste de Sherbrooke dajouter : Cest plus quun médium, cest en soit presquune discipline . Mais vous, quen pensez-vous ? Luc St-Jacques, artiste de Sherbrooke nous livre brièvement trois réflexions préliminaires sur le sujet : 1. « Il ne faut pas se le cacher, lart numérique remet en question plusieurs notions bien installées dans lunivers artistique : lhistoire, léthique, la conservation, etc... » 2. « Pendant que lordinateur travaille, calcule, gère, applique et restansmet limage, lartiste pense, se repose, boit et vit .... WOW ! » 3. « Plus que jamais, lartiste se servant des médias numériques doit garder son sens critique en éveil car la machine et les logiciels sont bourrés de pièges pré-programmés pouvant altérer son propos. » De plus Luc St-Jacques nous suggère la lecture du livre dHervé Fischer « Le choc du numérique » (vlb éditeur, 2001, ISBN 2-89005-792-5) qui propose, selon lui, un questionnement pertinent sur la pérénité de linformation à lère du numérique. Il y a effectivement plusieurs questions essentielles dans ces commentaires de Luc St-Jacques : Les questions déthique : à limage de lestampe, linfographie dart devrait-elle se doter dun « code déthique » afin de bien encadrer les relations entre lartiste, léditeur et lacheteur éventuel dune uvre numérique??? La reproductibilité inhérente au médium et la possibilité de facilement changer le format de luvre numérique implique que lon se penche sérieusement sur la question de : Linfographie d'art en édition limité. Au centre Sagamie, nous travaillons actuellement à la réalisation dun site Internet voué à la mise en marché des créations numériques des artistes. Nous devrons donc nous entendre par contrat avec les artistes sur les modalités des éditions, les paramètres de leur diffusion et de leur mise en marché. De plus, comment garantir à lacheteur que les quantités de lédition seront respectées? Sagamie soumet ici à vos commentaires et suggestions un nouveaux concept concernant lédition à tirage limité qui sera propre à linfographie dart : Contrairement à lestampe et à la photographie, nous proposons que le tirage dune infographie dart soit indépendant du format dimpression et du support sur lequel il est imprimé. Cest le document numérique qui fera lobjet dune édition. Cest à dire que léditeur ou lartiste garantiront à lacheteur quil ny aura pas plus de X exemplaires imprimés et vendus dune uvre numérique particulière et ce peu importe si elle est imprimée en petit ou en grand format et peu importe le support sur lequel elle est imprimée. Par contre, le prix de vente de luvre sera lui tributaire du format et du support. Ce concept est complètement nouveau. Par exemple, en photographie, une édition est tributaire dun format particulier : une photographie éditée en format 8 X 10 po. à 20 exemplaires pourra faire lobjet dune nouvelle édition en format de 20 X 24 po., ce nouveau format étant considéré par le photographe comme une uvre différente. En infographie dart ces deux formats ferait partie de la même édition. Il faudra donc prévoir, au moment déditer une uvre numérique, lensemble de ce que lartiste projette den faire. Plusieurs autres questions déthique se posent avec plus dacuité en ce qui concerne le travail numérique de limage. Par exemple, lintégration dimages de différentes sources à une uvre numérique. Cette question se posaient déjà dans dautres médiums comme la peinture mais qui saccélèrent avec laventure du traitement numérique de limage. Avec la facilité avec laquelle lartiste peut numériser une image publiée dans un livre ou télécharger une image du réseau Internet et de lintégrer à sa production numérique, il y a lieu de se questionner sur le respect des droits dauteurs. Les questions de conservation concernent également les artistes au plus haut point : les nouvelles encres, les différentes imprimantes (jet dencre thermale ou piezoélectrique, lambda, sublimation) et tous ces nouveaux supports (vinyl, polypropilène, polyesther, polyéthilène, Tyvek, plastiques transparents ou translucides, papier et toile dartiste, etc.). Les artistes pourront-ils garantir la pérénité des uvres numériques auprès des acheteurs quils soit institutions muséales ou simple collectionneur. À ce sujet, Alain Paiement, un artiste de Montréal nous propose le site de lInstitut canadien de conservation : (www.cci-icc.gc.ca ). Linconvénient, cest quil faut chercher des articles par auteur. Larticle suivant par Jean Tétreault représente un intérêt certain pour les artistes : (http://www.cci-icc.gc.ca/document-manager/view-document_f.cfm?Document_ID=82&ref=co). Agnès Riverin, artiste de Québec nous écrit : « Naturellement ce colloque mintéresse encore que pour moi, il va de soi que « linfographie dart » est un médium comme les autres. Sa grande facilité dexécution est aussi son plus grand défaut; nous connaissons tous des images ou uvres de « type Photoshop ». Comment faire dun outil aussi prévisible un médium se prêtant au geste personnel, en respectant la démarche et lensemble du travail dun artiste, voila ce qui demande une maturité esthétique. Dompter loutil ou être dompté par lui? Pour ma part, je nutilise pas linfographie dart comme objet principal de ma production mais comme faisant partie dun travail de recherche. Plus près du domaine photographique, puisque la photo est la source visuelle de base dans ma pratique, linfographie devient le prolongement de cette première recherche. Sy ajoute sculpture, poésie, peinture ou tout ce qui me semble intéressant dintégrer. Quen est-il des autres artistes? » APPEL AUX ARTISTES : Je me permet ici de redoubler cette question dAgnès Riverin : QUEN EST-IL DES AUTRES ARTISTES???? Cest donc un appel à vous artiste : le Colloque virtuel sur létat de linfographie dart à absolument besoin du point de vue des artistes. De quelle manière utilisez-vous les outils numériques dans votre approche de recherche? Comment ces outils ont-ils influencé votre démarche de création? De quelle manière limpression numérique de grand format sintègre aux autres médiums dans votre travail? Lordinateur offre une multitude de nouvelles possibilités pour les artistes, bien, nommez-en quelques unes! Considérez-vous luvre numérique comme moins authentique parceque lartiste na pas manipulé une matière physique? etc? etc? etc? Guylaine Champoux, une artiste de Trois-Rivière nous explique quelle est « très très intéressée par la question et aimerais faire partie de ce colloque virtuel, étant dabord peintre puis sculpteure/performeure dont les actes sont documentés par la photo puis transformés par linfographie pour ensuite être rendus par limpression numérique dart... ». Françoise Tounissoux, une artiste de Montréal, nous fait parvenir cette bibliographie sur notre sujet préféré : 1. Artin, Christian, La peinture par ordinateur, Dessain et Tolra, Paris, 1989. 2. Cauquelin, Anne, De Mèredieu, Florence et les autres. Paysages virtuels, Editions DIS VOIR, Paris, 1988. 3. Deken, Joseph. Les images du futur. Linformatique graphique. Editions Mazarine. 1984. 4. Goodman, Cynthia. Digital Visions. Harry N. Abrams Inc., New York, Everson Museum of Art, Syracuse, 1987. 5. Langer, Maria, Mac OS 8, Visual Quickstart Guide, Peachpit Press, CA, 1997 6. Loveless. L., Youngblood, Gene et les autres, The Computor Revolution and the Arts, University of South Florida Press/Tempa, 1989. 7. Poinssac, Béatrice, Linfographie, Que sai-je, PUF, Paris, 1994. 8. Poissant, Louise, Machinations, La Société desthétique du Québec, Montréal, 1989. 9. Quéau, Philippe, Eloge de la simulation. De la vie des langages à la synthèse des images. Éditions Champ Vallon, INA, France, 1986. 10. Quéau, Philippe. Metaxu. Théorie de lart intermédiaire, Editions Champ Vallon, INA, France, 1989. 11. Weisberg, Jean-Louis . Paysages Virtuels, 1988. Marie-Josée Coulombe, une artiste de Montréal, nous propose une visite du site de lorganisme Art & Science Collaborations Inc. : « lors de lexposition internationale « Digital02 » qui aura lieu à New-York cette automne se tiendra un table ronde sur la place quoccupe limage, tirée de la vidéo et de lanimation, dans le champ de lestampe contemporaine » : Digital 02 : http://www.asci.org/digital2002/ ArtSci2002 : http://www.asci.org/artsci2002/index.htm LACHÈVEMENT : un artiste qui tient à garder la confidentialité nous parle de la difficulté dachever luvre : « La complexité des logiciels, la difficulté de les maîtriser complêtement, permette-t-elles à lartiste de sexprimer entièrement ou lordinateur le place-t-il dans un état perpétuel dexpérimentation? » Josée Pellerin, une artiste de Montréal, nous pose un questionnement sur lauthenticité de luvre dans un contexte de recherche numérique. Comme il ny a pas de travail direct avec la matière, lartiste ressent une perte dauthenticité face à la machine. De plus, les logiciels de traitement des images ont une facilité naturelle à « faire faux » : on a quà penser aux mannequins retouchés des magazines de mode. Le même phénomène est également bien présent en art contemporain. Au départ, le cliché photographique était considérée par le spectateur comme représentant fidèlement la réalité. Plus tard, lartiste-photographe a souvent transformé limage de manière à ce quelle semble plausible tout en ne reflétant pas fidèlement la réalité. Avec les outils numériques de transformation de limage, ce phénomène est beaucoup plus présent. Que pensez-vous du réel vs le réel-photographique vs le réel-numérique??? Claudine Cotton, une artiste de Chicoutimi nous pose le questionnement de lapport de laccidentel dans le travail numérique. Le peintre sest habitué à composer avec cette part de hasard, avec cette tache de peinture plus ou moins désirée qui est appréciée puis intégrée au reste de son travail. Laccidentel est-il compatible avec la recherche en milieu numérique? Ce qui surprend lartiste travaillant à lordinateur par rapport à son intension première et quil peut confondre avec un apport accidentel nest-il pas déjà pré-programmé dans le logiciel de traitement de limage? Où est l'oeuvre ??? Bonne question : à propos, où est luvre? Lartiste passe des heures devant son ordinateur à travailler son image, la mémoire de son image est une matrice numérique constituée de « 1 « et de » 0 » sur le disque dur de son ordinateur. En travaillant, la perception que lartiste a de son uvre est tributaire de la qualité de son écran dordinateur. Son uvre achevée, il limprime sur papier. Est-ce que la « vraie » uvre est sur le disque dur de lordinateur. Est-ce que limpression sur papier nest quune « copie »de la matrice-numérique-vraie-uvre? Est-ce que luvre cest limpression sur papier et tout le tralala numérique nest que la matrice ayant servi à la réaliser ? Est-ce que luvre est la représentation à lécran ? Luvre numérique peut facilement se livrer à dautres moyens de diffusion que limpression sur papier : par exemple, la diffusion sur le réseau Internet, sur un Cdrom interactif, en projection dans une salle dexposition ? Est-ce encore une infographie dart si elle luvre numérique nest pas imprimée sur papier Comment envisagez-vous lavenir de linfographie dart et des médias numériques en général ? Est-ce-que linfographie dart est une mode qui disparaîtra comme la copiegraphie ? Linteraction de linfographie avec les autres arts : Appel aux photographes, aux peintres, aux sculpteurs : prenez un instant pour réfléchir à ce que les outils numériques changent dans votre approche artistique ? Prix de vente : quel devrait-être le prix de vente dune infographie dart par rapport aux autres productions artistique ? |