En réponse à vos questions et discussions, il me semble que le terme IMPRESSION (ou TIRAGE) NUMÉRIQUE convient très bien pour désigner la chose. D’autant que les procédés sont multiples et les support nombreux. Je crois donc qu’il faudrait également apprendre à nommer le type d’impression numérique (lamda, jet d’encre , etc....) dont il s’agit et le support. Je crois que la simplicité du terme lui convient bien. Je crois que le terme estampe numérique est dépassé. Il renvoie trop à la gravure. Le terme a ce petit côté 19ième siècle. L’origine n’étant pas toujours numérique, le tirage s’il est numérique, le demeure car il provient d’un fichier. Quant à savoir où se trouve l’œuvre, je crois sincèrement qu’il s’agit d’un faux débat. L’œuvre est là où l’artiste choisi qu’elle soit. S’il procède à réaliser une impression numérique, s’est donc l’œuvre sur papier qu’il met en circulation. L’œuvre est donc le tirage. Le fichier agi comme une matrice au même titre qu’un négatif. C’est le document originel. Personne ne questionne si mes négatifs sont l’original car on comprendra qu’un négatif comme un fichier est là pour être interprété par le tireur de l’œuvre, en fonction du matériel à sa disposition pour le faire. Si l’œuvre est mise en circulation sur le woueb ou si elle demeure sur l’écran, l’œuvre est donc là et nulle part ailleurs. Je regrette d’être aussi terre à terre, mais il me semble que c’est pousser le bouchon un peu loin (théoriquement) que de tenter de déterminer la position de l’œuvre. Soit dit en passant, le mot caméra devrait être définitivement oublié car une caméra réalise des images en mouvement (caméra de cinéma). Ce que vous nommez caméra est un appareil-photo (graphique), qu’il soit numérique ou non. En anglais on ne fait pas cette distinction... En français comme en anglais on utilise le terme photogramme pour désigner des images produites sans recours à un appareil photo tel des objets déposés sur papier photosensible sous l’agrandisseur. Dans le monde du numérique, des objets directement déposés sur le numériseur sont nommés « scanogrammes ». Je tiens ce terme de Graham Nash (Nash editions) qui l’a utilisé dans une entrevue. Je trouve que c’est un joli nouveau mot (proposons-le au Petit Robert) qui a les avantages d’être utilisable dans plusieurs langues, de très bien nommer le type spécifique d’image dont il s’agit et son moyen de production.

Bertrand Carrière, Montréal